« Si tu souris ça ira mieux ! »
Je déteste cette recommandation. En quoi contracter des muscles un visage change la situation difficile ? Et bien figurez-vous que le cerveau est naturellement programmé pour ressentir certaines émotions en fonction de la configuration de la contraction musculaire du visage (je ne m’attarde pas sur la cascade hormonale mise en œuvre). Pour autant, c’est un ressenti fugace. A moins de « sourire continuellement », cela ne s’inscrit pas dans la durée.
« Je décide d’être heureuse ! »
J’aimerai clarifier la manière dont je conçois cela : « être heureuse » est un ressenti, pas une pensée et encore moins une décision. C’est un ressenti et donc une conséquence corporelle à une ou des situations vécues. Vous pouvez décider d’actions, de comportements mais pas de vos ressentis. Par définition, un ressenti s’impose à chacune, sans possibilité de contrôle : ni de la force du ressenti, ni de sa qualité, ni même de sa catégorie.
« Même Rihanna le dit ! »
Oui, et je garde en tête que son métier à elle est principalement de vendre une image. Que ces paroles reflètent réellement la méthode qu’elle a employé pour sa propre vie ou pas, j’émets plusieurs doutes concernant la qualité de vie que cela peut créer. Ecoutez ci-après mes craintes et balayez-les si elles sont infondées pour vous.
Le risque de la « pensée positive » à outrance
Telle que je l’entends souvent décrite, elle s’apparente à faire semblant que ce que l’on souhaite de positif dans notre vie soit déjà présent pour l’obtenir réellement. Un peu comme une intention, une prière qui aurait des ailes. Je trouve cela dangereux car je n’entends pas la prise en charge qui est engagée pour les ressentis réellement présents. Qu’en est-il de ceux-là ? Ceux qui ne sont pas avec des étoiles et des paillettes ? Faut-il les ignorer ? Où vont-ils ? Où sont-ils rangés ? Quand ressortent- ils ? Comment ???
La pensée « négative »
Je trouve qu’il y a beaucoup de peur lorsqu’une personne s’étale sur ce qui ne va pas. Après tout, nous ne vivons pas sa vie. Nous ne connaissons pas tous les tenants et aboutissants. Nous ne pouvons pas décider à sa place. Et puis, c’est tout de même un vrai crève-cœur que d’entendre toutes les difficultés… Notre empathie (mini ou maxi) souffre d’entendre tout cela. Dans la société, il est étiqueté comme inconvenant de faire ressentir aux autres de l’inconfort à cause de nos propres histoires inconfortables. Silence ou faire semblant sont trop souvent les mots d’ordre. Pour soi et pour les autres.
Proposition de solution
Et si nous prenions un temps pour remarquer que cela fait partie de notre humanité que de juger chaque détail de situation comme positif ou négatif ? Et si nous acceptions que cela fasse parti de notre manière d’intégrer la masse d’information pour qu’il soit ensuite possible de faire des tris sélectifs ?
Au lieu de vivre au rythme de ce que l’on devrait être (toujours « positive » pour ne pas incommoder les Autres ni Soi) et si l’on prenait le parti de vivre la situation, la juger ET ensuite se la redécrire exempte de jugements ? C’est un exercice (difficile et peu attrayant) qui vous permet aussi de prendre conscience de l’importance du langage. Chaque mot choisi à un sens : comment décrire une situation sans y appliquer son propre jugement ? Voici le chemin qui, je le crois, nous aide à trouver la manière « d’avancer » qui nous conviennent, sans se mentir, sans faire semblant en restant Soi.
Riri ou pas, chacune sa vie, « chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin ». Mais prétendre est-ce vraiment « sa route » ?
A très vite,
Dre N’zé Adèle, Chiropraticienne, D.C.
Je suis ravie de vous accompagner pour améliorer votre qualité de vie !


